Compte-rendu de la visite de la station de pompage et de la station d’épuration de Crouy-sur-Ourcq (9 mars 2005)

 
visite guidée par M. Freulet, chef de secteur de la SAUR , et rencontre avec M.Gibert , qui s’occupe de la station d’épuration.
 
La station de pompage
 
Le poste de prélèvement de l’eau se situe près de la gare. Le puits descend jusqu’à 58 mètres de profondeur. On va chercher l’eau dans des alluvions (nappe des sables verts de l’Yprésien , âgés d’environ 50 millions d’années ) comme souvent dans la région. Ailleurs (ex. vers la Ferté-sous-Jouarre), les puits sont moins profonds. Ils plongent dans les alluvions de la Marne. Au delà de 10 mètres de profondeur on est obligé d’avoir des pompes immergées, sinon on n’arriverait pas à monter l’eau (en deçà de 10 mètres on utilise des pompes de surface). Il y a un moteur, et la pompe aspire l’eau (30 mètres cubes par heure) . La pompe tourne 6 heures par jour. Ici, il n’y a pas de nitrates dans l’eau ni de désherbants . Le terrain fait office de filtre naturel. Par contre on y retrouve du fer, qu’il faut traiter. La pollution aux nitrates ou aux pesticides se retrouve plus dans les puits de faibles profondeurs.
Des bactéries peuvent éventuellement contaminer l’eau au moment du pompage, et se développer dans le réseau d’eau. Pour désinfecter l’eau on va y ajouter du chlore juste après le pompage (c’est la chloration), en injectant du chlore gazeux (sinon, ailleurs on utilise de la javel pure).
Pour retirer le fer on l’oxyde, puis on le retient sur des filtres : c’est déferrisation . On va utiliser pour cela deux tours :
Ces deux tours sont régulièrement nettoyées par des injections d’air et d’eau. L’eau est ensuite stockée dans un réservoir d’eau (un château d’eau), avant d’arriver chez les consommateurs. Celui de Crouy se situe vers le stade, et est semi-enterré.
 
La station d’épuration
 

Ces eaux usées arrivent sous-terre par les égouts, et sont riches en pollutions diverses. Elles doivent subir des traitements d’épuration avant de pouvoir retourner dans le milieu naturel.

 

1) Le prétraitement 

On retire les grosses particules (boites, papier toilettes etc...) : c’est le dégrillage. Les eaux usées passent au travers d’une grille (le dégrilleur) dont les barreaux, plus ou moins espacés, retiennent les matières les plus volumineuses. Ces éléments sont ensuite retirés des grilles, tous les matins, par le responsable de la station, puis éliminés avec les ordures ménagères. Un projet d’automatisation est en cours. L’eau passe ensuite dans un premier bassin.

Le déssablage se réalise à ce premier niveau : l’eau circule lentement et le sable tombe au fond, puis il peut être récupéré. A Crouy, les graisses ne sont pas traîtées. On peut rappeler qu’il est interdit de jeter les huiles (alimentaires ou autres) dans les éviers ou même les toilettes des maisons. Il existe cependant des systèmes où l’on injecte de l’air vers le bas d’un bassin pour faire remonter les graisses puis on les enlève en surface (elles sont alors transportées en décharge de classe 2, à Claye-Souilly par exemple).

 

2) Les traitements secondaires

L’aération permanente de l’eau (par brassage à l’aide d’un pont brosse), favorise le développement de certaines bactéries (celles qui peuvent consommer comme nous, le dioxygène). Ces bactéries vont progressivement éliminer (" digérer ") la pollution (essentiellement de la matière organique comme la nourriture, les excréments). Des boues se forment au fond du bassin (mélanges de bactéries et de résidus issus de la dégradation de la matière organique). C’est un processus naturel, tel que l’on peut l’observer dans la nature. Ces bactéries sont naturellement présentes dans l’eau. Il existe, par le fond, un système de communication entre les différents bassins de la station. Les boues sont ainsi récupérées puis apportées au second bassin.

Dans ce dernier bassin (le clarificateur) on sépare les boues de l’eau ainsi épurée par simple décantation (les boues tombant au fond), et par surverse l’eau traitée est récupérée. Un pont racleur va en surface retirer l’écume, et en profondeur rassembler les boues vers le centre, où se situe un entonnoir. On peut ainsi facilement en faire passer une certaine quantité pour réalimenter en bactéries le premier bassin. Tous les 8 à 10 jours, on arrête la roue de circulation (avec les racleurs) pour laisser décanter les boues, puis on les soutire pour les mettre dans un silos de stockage. La décantation va s’y poursuivre (l’eau qui surnage est réintroduite dans le clarificateur).

 

3) Etapes finales

L’eau " lavée ", repart dans le milieu naturel (400 mètres cubes par jour), c’est-à-dire la rivière de l’Ourcq . Les boues de décantation (régulièrement contrôlées) sont utilisées par les agriculteurs pour enrichir leur sol. Cette station est calibrée pour  1800 habitants, c’est une petite station d’épuration.